Se lâcher sur un blog ….
En réaction à un billet de Mam’zelle Scarlett publié le 23 septembre 2008 :
Pour se lâcher, bloguons cachées ?
Mam’zelle Scarlett s’est interrogée sur la liberté d’expression que procure un blog et ce qu’on peut dire ou pas sur les personnes que l‘on connait. La question du qu’est-ce que je vais dire, je me la suis posée aussi dès la création de mon blog.
Tout d’abord, je ne voulais pas en faire un journal intime. Parce que le propre d’un journal intime justement c’est d’être intime. Exhibée mes plus profondes émotions et détails de ma vie sur le net, non merci ! Je n’avais pas envie d’être un sujet de voyeurisme. La téléréalité m’avait assez dégoûté de ce genre d’instrumentalisation. Si je souhaite disséquer mes pensées, les analyser quand ça va pas, pour ça il y a les amis, la famille ou quand c’est trop grave, le docteur, le psy. J’évite donc en général le côté journal intime sur mon blog.
Un blog pour moi, c’est un moyen de partager ses passions et ses centres d’intérêts, diffusé de l’information, donner son opinion et connaître celui des autres, des gens qu’on n’aurait pas pu toucher ou rencontrer autrement. J’avoue franchement que je n’ai jamais ressenti ou pensé que ce pouvait être pour moi un lieu où se lâcher au sujet de son entourage… d’abord parce que dans la vie réelle je trouve que c’est un peu limite de parler des autres dans leur dos ! Je n’aime pas qu’on me le fasse, alors j’évite autant que possible de le faire. Ce qui ne veut pas dire que je le fais jamais, évidement. Nobody’s perfect !
Par exemple, il y a un truc qui a retenu mon attention dans la réflexion de Mam’zelle Scarlette :
Citation :
« Reprendre la réflexion d’une copine qui m’a scotchée en travers. Je m’abstiens : ce serait bête de perdre une copine. »
Et si c’est une copine, pourquoi ne pas lui avoir dit en face, directement ! Mentir va fausser la relation. Une fille qui ne veut pas vexer l’autre en lui disant que sa réflexion ne lui a pas plus, n’est elle pas entrain de s’écraser devant l’autre et entretenir une relation au dialogue faussé ? Est-ce une relation de valeur ou de complaisance ?
Citation :
« Quand je vais pour raconter la vision écolo toute particulière de ma copro je me dis : non, des fois qu’un voisin tomberait sur le post par hasard. »
Évidement oui, il y a un risque. Car la liberté d’expression des uns s’arrête là où commencent celles des autres à être respectés. Cela est valable sur le net comme dans la vie de tous les jours. La presse People en fait les frais (procès) quand elle s’immisce un peu trop dans la vie intime des stars ou repend des rumeurs infondés, discriminantes.
La frontière entre le parler des autres, donner son opinion et commérer sur les autres, est parfois très mince. C’est un terrain glissant. L’anonymat n’est pas forcément une solution. Le mieux est de se demander pourquoi on a besoin de parler des autres dans leur dos et de plus sur le Net. Qu’est ce qui nous motive à avoir besoin de déballer sur eux ? Est-ce que dans la vie réelle on ne manque de franchise ? Est- ce qu’on entretient des relations saines avec ses proches ?
La question de fond, pourrait être finalement : « Pourquoi ce besoin de se lâcher ? »
Et le blog est il le meilleur support pour cela…













Génial! Pour la peine c’est moi qui vais rebondire sur ton billet.
Le temps de synthetiser mes idées, d’ecrire et de publier ça!
merci pour ce chouette sujet!
Je crois qu’on peut aussi remercier Mam’zelle Scarlett, qui a donné le début de ce fil de discussion.
Les rapports humains tels que je les conçois doivent considérer l’autre tout en restant authentiques. De là, vient un drôle de numéro d’équilibriste. On peut tout à fait avoir des rapports « cash » avec des copines (ce que je privilégie puisque c’est un espace de libre respiration) sans pour autant disserter de long en large sur une phrase ou une réflexion qui te passerait en travers. Le blog, peut te permettre de rebondir avec de la distance et de l’humour. Et pourquoi pas d’avoir des vertus thérapeutiques !
Je dirais plutôt que c’est l’écriture qui a des vertus thérapeutiques. Après le blog n’est qu’un support. C’est quelque chose de différent du carnet de notes ou du traditionnel journal à cadenas intime, qu’on cache sous le matelas ou derrière une pile de vêtements de l’étagère. Car il expose à autrui nos confessions, nos témoignages… un autrui qui peut être bienveillant, de bons conseils ou au contraire peu éclairant.
Cela me rappelle un article de psychologies magazine, l’interview d’une graphothérapeute.
- Quand l’écriture devient thérapie