Les projets d’usine de TMB en Vendée

Usine de tri mécano biologique ou la grande illusion


Comment diluer la pollution en Vendée au lieu de la traiter pour la modeste somme de 55 millions d’euros  !

L’usine de compostage de Launay-Lantic, dans les Côtes d’Armor, est la première en France à avoir été lancée sur ce principe en 2004. Malgré bien des rapports élogieux sur son compte, le procédé mécanique utilisé pour produire du compost à partir du contenu des sacs noirs (les déchets que vous ne pouvez pas mettre dans les sacs jaunes du tri) me laisse sceptique. Il présente quelques incohérences dans sa réflexion. Il est bien moins miraculeux, que ces promoteurs le laissent entendre et surtout il coûte très cher aux contribuables.

Les étapes

– ETAPE 1
Arrivée des sacs noirs contenant essentiellement des déchets non recyclables, tout ce que vous ne pouvez pas mettre dans les sacs jaunes ou conteneurs prévu pour le tri. Et si vous pratiquez le compostage individuel, ces sacs sont de plus dépourvus de matières organiques compostables. Et là on se pose la question, quel intérêt d’essayer de produire du compost avec des déchets pour la plupart dépourvue de matières organiques ou en quantité infimes ?

On lit d’ailleurs à ce propos sur le site du conseil général de la Vendée dans un article consacré aux merveilles du TMB daté du 3 juillet 2006 (URL : http://www.vendee.fr/vendee/actualites/default.asp?art=1248&rch=tmb) :

« Mais déjà, le tri est à l’ordre du jour. Car le Tri Mécano Biologique n’a pas vocation à remplacer le tri citoyen mais à le parfaire. Le particulier devra toujours trier le verre, les emballages, les journaux et éviter de jeter dans sa poubelle grise un reste de salade ou de poulet destiné au compost individuel ou de quartier. »

Le conseil Général de la Vendée compte donc faire un tour de passe-passe extraordinaire en produisant du compost avec des sacs d’ordures sans ou avec très peu de matières fermentescibles, dans les zones où existent du compostage de quartier. Qui dit mieux ? Magnifique non-sens des dirigeants de notre département qui ne veulent pas reconnaître que le compostage de quartier et individuel rend inutile l’investissement dans des usines de TMB, de même que le tri. On ne produit pas du compost avec des déchets non-recyclables.

De plus ceux-ci, les matières organiques présentes dans les sacs noirs peuvent être souillé par des produits chimiques (ménagers, bricolage, pesticides, hygiène, colorants, conservateurs…etc) des autres déchets qu’ils côtoient dans les sacs ? Car malgré une volonté d’inciter les habitants à un tri sévère et strict pour que leurs sacs noirs ne contiennent pas de verres ou de piles par exemple, on n’est jamais à l’abri de l’erreur, de la négligence…

– ETAPE 2 –
Les déchets acheminés par bennes sont déchargés au grappin dans les fosses de l’usine.
Contrairement aux principes des anciennes usines, ils ne seront pas broyés.

– ETAPE 3 –
Suite au déchargement, ils vont être placés dans des tubes appelés digester rotatif où ils vont subir un processus dit de maturation.
La fermentation va être activée dans ce processus. Ces tubes d’une vingtaine de mètres de longs sont munis de couteaux. Avec la rotation, ils éventrent progressivement les sacs. De l’air et de l’eau sont injectés dans les tubes pour permettent au bout de 5 jours de réduire les déchets organiques en une portion fine, permettant ensuite de mieux les séparer des indésirables (plastiques, métal..). Que deviennent les substances chimiques qui ont imprégnés les déchets, aucune idée… le processus fait l’impasse sur le sujet.

– ETAPE 4 –
Vient ensuite l’étape du tri mécanique qui est le point fort de ce système.
Un premier criblage sépare les indésirables supérieurs à 30 mm de diamètre. Les éléments métalliques sont captés par des électro-aimants. Vient ensuite un tri-balistique qui sépare les éléments lourds de la matière organique. Les déchets tombent sur un tapis semblable à un trampoline. La matière organique fine et légère passent à travers les mailles, tandis que les éléments lourds restent. Enfin, le produit issu de ces différentes étapes de tri mécanique subit un dernier criblage à 10 mm.

– ETAPE 5 –
Les tas de matières ainsi obtenus sont disposés en andains.
Ils seront mélangés avec des déchets verts collectés dans la région (branchages broyés, pelouses..etc). Il va maturer 3 mois et être analysé avant d’être utilisé.

– Conclusion – un procédé qui compile les incohérences –
C’est là qu’on commence à se poser de grosses questions… les déchets verts ajoutés au produit obtenu par ses usines ne sert il pas plus à dilué la pollution chimique dans la masse, plutôt qu’à la traiter ? Le sujet d’ailleurs est totalement occulté dans tout le processus. Le tri de cette usine est essentiellement basé sur des principes de tri mécanique. Ces usines plutôt que d’inciter au tri des matières organiques à la source confortent les citoyens dans une attitude attentiste. La machine se charge de trier pourquoi je le ferais… De plus, il est aberrant de recourir à un procédé qui met en contact les matières organiques fermentescibles avec des polluants (tout dans les sacs noirs), alors que le tri à la source avec le compostage individuel ou collectif permet justement de ne pas les mettre en contact avec des déchets polluants.

Utiliser le TMB s’est prendre le risque de souiller des matières recyclables, ce qui serait évité par un tri à la source.

Le paradoxe est que cette décision sert ensuite de justificatif au recours au TMB, quand bien même celui-ci occulte le problème de la pollution chimique. Le TMB ne résout qu’un problème de tri visuel, c’est à dire qu’ils enlèvent les morceaux visibles des déchets (bouts de métal, de plastiques). Il n’apporte pas de solution à la pollution chimique. Au contraire, il la crée, par la mise en contact de matières organiques compostables avec des déchets non-compostables souillés de substances chimiques. Pour justifier son efficacité, le produit obtenu est dilué avec des déchets verts non pollués. Les polluants ainsi dilués dans la masse semblent donc être en quantité plus infimes et ce qui permet d afficher des résultats d’analyses satisfaisants sur le produit final obtenu. Un tour de passe-passe qui permet la dispersion à grande échelle des polluants par la distribution du compost obtenu et non leur traitement. On élude le problème au lieu de le traiter de front. On rend acceptable la pollution à l’opinion publique au lieu de l’empêcher.

Bref le TMB, c’est un tour de passe-passe compliqué et cher, alors qu’il existe des solutions simples et peu coûteuses.  Chaque unité de tri mécano-biologique coûtera 11 millions d’euros. Cinq sont prévues, soit une facture totale de 55 millions d’euros… ça fait cher le tour de prestidigitation !

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4 commentaires pour “Les projets d’usine de TMB en Vendée”

  1. [...] http://www.natacha-artbook.com/diary-2/?p=495#more-495 [...]

  2. [...] évènements de l’année, je vous invite à vous référer à ces anciens billets : – Les projets d’usine de TMB en Vendée : mon avis de citoyenne résidente en Vendée sur un système qui ne m’a pas convaincu de son [...]

  3. bonjour !
    un projet egal a celui ci doit etre realiser dans une zone ou il y a un grand nombre d’habitation
    quel impact ! qelle nuissances

    merci

  4. En 2006 le plan prévoyait un coût des 5 usines de Tri Mécanobiologique de 59M€…
    Les enquêtes publiques de st Christophe du ligneron et de Chateau d’Olonne ( Le Taffeneau) + un projet à Corpes donnent la modique somme de 78M€…
    Les centres de compostage collectifs prévus à 210 000€ dans le plan( 21 plate formes), seule Grosbreuil en a eu une après 3 ans de démarches pour 45000€ ( avec des trvavaux superflus!)
    Le plan départemental a ètè construit sur des chiffres erronés qui ont abusés les élus….La feve ne cess de le répéter!Le plan a été conçu par Merlin…l’éboueur!
    Nous n’avons plus les honneurs de la presse OF boycotte nos conférences de presse!

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