Mon divorce avec Yves Rocher
L’IDÉALISME DES PREMIÈRES RENCONTRES
Notre relation date d’il y a quelques années déjà. A l’époque, j’étais adolescente, naïve et innocente. Éprise d’idéaux absolus, amoureuse de la nature, j’avais passé une partie de mon enfance bercée entre les documentaires d’Alain Bougrain-Dubour et son émission Animalia, et les mangas du Club Dorothée et de la cinquième. Adolescente complexée, boutonneuse, plate, bon en un mot moche… comme beaucoup je me suis tournée vers la magie des cosmétiques pour d’un coup de baguette magique transformer le vilain petit canard en princesse.
Ma mère s’approvisionnait en partie chez Yves Rocher. Promoteur d’une biologie du végétale, naturelle et pas cher, il avait semble t’il tout pour combler mes attentes, ce « prince charmant » des cosmétiques. Il m’a séduite avec son livre vert de la beauté, sa fondation et son engagement dans la science du naturel. Il m’offrait sur un plateau d’argent (ou plutôt de métal argenté) le « petit prix » et le côté « vert ».
- – LES ARMES DE LA SÉDUCTION – -
Certes, il offrait parfois à ma mère et moi, des cadeaux un peu « cheap » dans ses colis. Mais, l’amour rend aveugle. Nous fermions les yeux sur le côté pacotille de ses colliers de perles en vrai plastique, les montres en métaux dorés qui décoloraient en quelques mois, les miniatures de parfum, de bougies, d’encens qui remplissaient nos tiroirs avant de finir dans un vide grenier ou encore les pochettes à maquillage, dont nous ne savions plus que faire. Que n’aurait il pas fait pour séduire sa clientèle ! Personne ne se posait à l’époque la question de savoir où allait finir toutes ces babioles, sans aucune valeur et qui rempliraient à coup sûr des poubelles déjà bien pleines. L’homme avait beau être vert, il ne poussait pas pour autant la logique écologique jusqu’au bout de ses applications. Mais, cela je n’en avais pas conscience à l’époque.
- – LE TEMPS DE LA MATURITÉ ET DE LA RUPTURE – -
C’est un peu plus tard, arrivé à l’âge de raison que progressivement j’ai découvert ce qu’est une véritable philosophie de vie écologique. Tel une femme, qui surprend son époux en flagrant délit d’adultère, je me suis sentie trompée et trahie. L’homme au livre Vert n’avait rien de Bio ! Mes illusions se sont envolées. Pire, sa trahison a même fait l’objet d’une émission de télévision, et son nom s’est retrouvé associé au sujet sur les cosmétiques Bio d’un reportage d’Envoyé Spécial (mars 2005 – « Les cosmétiques en question »). J’avais déjà des soupçons. Je trouvais curieux de ne trouver aucun label Agriculture biologique pour certifier que les plantes, qu’ils utilisaient dans ses produits, étaient BIO.
- – L’ÉCOLOGIE N’EST PAS UN CONCEPT MARKETING – -
La sensation d’avoir été dupée était profondément désagréable. D’autant plus que soudain je découvrais des concurrents plus discrets, français, mais bien plus engagés que lui dans une démarche globale. Je n’avais plus aucune raison de continuer cette relation. Ma mère et moi avons décidé d’un commun accord de faire appel à la loi informatique et libertés pour demander au service clients de nous rayer de leur liste, afin de ne plus recevoir de publicités de sa part. Yves Rocher devait sortir de ma vie. J’avais l’impression d’avoir perdu mon temps avec lui et d’avoir investi mon argent sur le mauvais cheval. Nous signalâmes donc au service client que l’absence de certification BIO de l’origine de leurs produits et la présence de substances pétrochimiques soupçonnées d’être cancérigènes dans leurs produits, nous avaient décidés à rompre toutes relations commerciales. La réponse du service en question ne se fit pas attendre (lettre du 10/11/2005). Sur la question des labels BIO, grand silence, la lettre évita royalement le sujet. On appel ça un silence coupable ? Sur celui des substances soupçonnées cancérigènes (parabène par exemple), en bon petits soldats nous eûmes droits à une réponse pré-formatée de l’entreprise qui se réfugie derrière une directive européenne. Finalement, cette lettre, que je croyais avoir perdu mais que j’ai retrouvé il y a quelques mois en rangeant un carton de déménagement, m’avait encore plus convaincu du bien-fondé de cette rupture. Je garde encore aujourd’hui d’Yves Rocher et ses produits, le souvenir amer d’un amant décevant. Le séducteur qui promet beaucoup avec des belles phrases comme « biologie végétale », « produits naturels », mais qui finalement ne concrétise pas tant que cela derrière. Oh bien sûr, il y a pire comme marque de cosmétique, mais les autres eux ne m’avaient pas promis du vert (nis) de surface. Alors aujourd’hui, quand je vois sa conversion au label ECOCERT, je souris… je souris en me disant que de gré ou de force, il a bien fallut qu’il change, qu’il évolue sous la contrainte de la pression des consommatrices le vert(nis) de surface a craqué. Mais ce n’est pas pour autant que je retournerais vers lui. Yves Rocher et moi, c’est fini ! Le divorce est bel et bien signé, prononcé et parti pour durer. J’ai trouvé mieux ailleurs, plus sincère, moins dans l’esbroufe du marketing, peut-être plus cher, mais avec plus de garantie éthique et aussi sans tests barbares sur les animaux. Car là-dessus, rien n’a changé, Yves Rocher est toujours absent de liste ONE VOICE. Les produits finis ne sont pas testés sur animaux, mais les ingrédients venant d’autres labos pour les réaliser…. oui. [fin de paragraphe corrigé après publication suite à une erreur de rédaction de ma part, veuillez m'en excuser]
- - DÉVELOPPEMENT DURABLE – -
Et puis, il ne faut pas se leurrer, pour produire à petits prix, il faut rogner des marges quelque part. Alors est-ce sur les prix auxquels sont achetés les matières premières, le salaire des employés ? La philosophie de l’écologie, ce n’est pas seulement le recyclage des déchets ou un label Bio collé sur un flacon de parfum, c’est aussi l’adoption d’une éthique plus solidaire où l’on paie un prix correct, afin que tous le monde puisses vivre dignement. Où l’on consomme moins, peut-être un peu plus cher mais pour des résultats plus durables en terme de respect de la nature comme des hommes.
Une femme et sa marque de cosmétique, c’est un peu comme une relation amoureuse. Il y a les coups de foudre du moment, les coups d’un soir, les histoires qui durent et celles qu’on aimerait bien oublier…













je suis bien contente d’avoir lu jusqu’au bout ton message. je ne suis pas très maquillage, produit etc.. un petit gommage par semaine, un coup de maquillage temps en temps, jamais de fond de teint ou presque. Bon si faut bien se laver quand même … quoi je suis passée au savon d’alep ma peau le tolère très bien
Mais effectivement yves rocher comme bien d’autres … pfff
et du coup tu te sers où maintenant ???
bonne soirée
Moi non plus, je ne suis pas très maquillage. Je supporte très mal les fonds de teint, j’ai l’impression de porter un masque et ce quelque soit la marque. Par contre, un peu de poudre libre, un peu de mascara et une ombre à paupière de temps en temps.. ou un brillant à lèvre légèrement teinté. La beauté passe d’abord par une bonne santé et hygiène de vie.
Pour les produits maintenant je privilégie Body Nature, Weleda, Melvita et un peu Léa Nature, avec à côté quelques produits « faits maisons », masque et huile de massage obtenu par macération de plantes du jardin ou séchés de magasin Bio. Et toi ?
Je n’ai jamais aimé cette marque, même en étant ado
Je trouvais ça trop cher à l’époque, et maintenant que je gagne ma vie Yves Rocher représente pour moi la marque cheap par excellence, en plus je trouve que pour le même prix on trouve des produits bien plus performants chez d’autres marques… Je déteste leurs packaging, et leur dernière campagne bio n’est pour moi qu’une stratégie martketing pour relancer la marque qui a pris un gros coup de vieux, plutôt qu’un véritable engagement écologique… Bref, comme toi tout ça me gonfle terriblement ! (Coup de gueule du jour…)
Tu me rassures avec tout le Buzz qui a été faits sur la nouvelle gamme Bio, plus les pubs dans les magazines, je commençais à trouver le concensus autour de la marque un peu trop facile et consensuel. Comme si il suffisait à la marque de payer une gros campagne marketing, et de « copier » le mouvement Bio (Greenwashing) pour faire oublier son côté « cheap » et ses errements passés…
j’utilise peu de maquillage, mais c’est vrai que j’ai aussi été séduite par Yves Rocher comme toi. Ne voyant pas le logo Ecocert sur les produits, j’ai bien compris que ce n’était pas bio (et puis niveau qualité, c’est pas ça non plus…).
Depuis je suis allée chez Body shop, niveau quélité ça va et certains produits sont bio mais la grande majorité ne le sont pas…
J’ai vu des produits bio chez Nature & Découvertes mais c’est aussi très marketing, alors j’hésite.
Je pense que j’irai voir du côté de Body nature la prochaine que j’achèterai des produits de beauté, mais j’en utilise peu alors…
[...] Natacha explique pourquoi Yves Rocher ne passera plus par elle [...]
Hello Natasha,
) bonne continuation et bravo !
J’ai lu tes messages et comme je suis un homme je te sollicite… j’ai trouvé grace à questions reponses de Yahoo un site que voilà : shopunt.com et ça m’a l’air sérieux et pas cher pour diverses raisons, tu peux me donner ton avis pour confirmer mes impressions ainsi que les conseils que j’ai reçus à ce sujet svp ?
-deja je n’ai pas vu de produits style Paraben ni d’emploi d’alcool… Si tu as 5 mn bien sûr, sinon ce n’est pas grave.
Je suis entrain de decourager ma mere de continuer avec Yves Rocher, elle aussi piégée par les pacotilles offertes et l’image faussement bio !!! je suis un peu troublé sur la maniere de la sortir de ce cercle… je dirais Cordialement et bravo pour votre information (ps : ils vous ont fait des problemes suite à ça ???
Bernard
Bonjour,
Tout d’abord reprenons, ils ne m’ont pas fait de problème suite à notre demande de les quitter, mais leur lettre de réponse à cette époque a éludé totalement la question du label agriculture biologique absent de leur prospectus alors qu’ils disaient utiliser des plantes BIO. Et pour les parabens, ils se sont à cette époque réfugiés derrière une directive européenne pour répondre que c’était légale et pas dangereux. Ce qui en tant que clientes nous a clairement déplu et pousser encore plus à les quitter définitivement. Auriez-vous confiance en une marque qui évitent de répondre à des questions importantes sur la qualité de ces produits ? Aujourd’hui pourtant, ils suivent le BIO en lançant une gamme labelisé ECOCERT, qui n’en contient pas et recourt à des produits BIO certifiés. Ils ont donc retourner leur veste ou suivi le mouvement ? Tout n’est donc pas à jeter chez eux maintenant qu’ils essaient de faire des efforts ou du moins de rattraper leurs erreurs passées. Mais, en effet tout leurs produits ne sont pas BIO et ça depuis la création de l’entreprise, alors que pourtant ils ont joué longtemps sur l’argument du « naturel ».
Je ne connais pas shopunt, n’ayant pas le temps ou la possibilité de tester tous les produits existants dans le monde de la cosmétique, honnêtement je ne pourrais pas te donner d’avis sur le sujet. Un conseil, regarde si les produits sont contrôles ou labellisés par un organisme indépendant comme ECOCERT pour les label cosmébio et cosméco, DEMETER ou autre comme la Charte BDIH.
Bonnes recherches
merci pour toutes ces précisions Natasha, bonne continuation ! B
votre témoignage a attérit sur un forum, et je tenais à dire que j’ai eu la même démarche que vous… le reportage d’envoyé spécial a marqué un tournant dans mes achats cosmétiques !
Merci de votre témoignage et de votre visite Flo.