Aujourd’hui, c’était le grand jour du Brevet des Collèges. Pour l’occasion, les troisièmes étaient lâchés dans la ville de Challans à l’heure du déjeuner pour aller acheter et/ou dévorer leur pique-nique. Difficile de les louper, ils se déplaçaient par grappes de copains et copines. C’était les seuls scolaires qui se mêlaient à la foule des locaux et touristes, venus faire leurs courses à Hyper U. Derrière Hyper U, il faut le savoir, il y a des zones arborées, avec pelouses, bancs et poubelles. La ville de Challans a cette particularité d’être bien pourvue en espaces verts. Encore plus loin un superbe parc où il fait bon déjeuner et flâner à la belle saison. Les grappes d’adolescents se sont donc éparpillées sur ces zones, pour déjeuner au frais. De même, j’étais partie prendre le frais avec ma salade de carottes râpées, mon sandwich de crudités et un bon livre.
Déjeuner sur l’herbe
Un groupe un peu plus important que les autres squattaient la zone arborée, juste de l’autre côté de la route, derrière Hyper U en face la station service. Ils étaient à l’ombre à environ 4 mètres d’une poubelle, juste à l’entrée. Je suis passé devant, sans leur accorder plus d’importance qu’aux autres groupes. Je me suis installée beaucoup plus loin, dans une zone avec des tables de pique-nique dans la rue suivante. Trois-quart d’heure plus tard, après un bon déjeuner, la lecture de quelques pages de mon livre et quelques minutes de somnolence dans l’herbe, je repars. Je repasse par la zone où déjeunaient les adolescents. Ceux-ci étaient déjà partis. J’allais en sortir et rejoindre le parking d’Hyper U, quand mon œil a été attiré par un spectacle totalement navrant. Là où était assis le groupe de tout à l’heure se trouvait maintenant une poche plastique abandonnée, autant d’emballages de sandwichs (vous savez ceux triangulaires en plastique) qu’il y avait eu de personnes et des canettes vides. Ils étaient exactement là où leurs consommateurs s’étaient assis. Et c’est là le plus scandaleux, ils avaient 3 pas à faire pour aller porter leurs déchets dans une poubelle et ils ne l’ont pas fait. Car, la poubelle la plus proche était à environ 4 m de leur petit coin de pique-nique. Elle n’était pas à 100 m, elle n’était pas pleine, ni inexistante, elle était là, tout proche… J’aurai eu mon appareil photo sous la main, je vous en aurais volontiers ramené un cliché.
Je m’en foutisme…
Ils ont tout laissé tel quel, là où ils s’étaient assis, dans un acte de »je m’en foutisme » totalement assumé. Ces adolescents avaient semble-t’il un grand poil dans la main (une bonne dose de fainéantise), doublé d’une ration de sans-gène (cet espace vert est dans une zone avec beaucoup de passage de piétons et voitures, donc visible), arrosé d’un litre de mépris pour l’environnement colossal, pour ne pas trouver la force de se lever pour déposer leurs déchets dans la poubelle. Trop dur pour eux….
Espoir ?
J’ignore de quel collège de Challans, ils étaient ou de quelle commune du pays challandais, ils sont originaires. Mais, l’image qu’ils donnent des collégiens de leur région n’est pas reluisante. Heureusement, tout leurs semblables aujourd’hui n’ont pas agis comme eux. Et à tous ceux qui ont fait l’effort de ne pas rester le cul dans l’herbe, en espérant que leurs emballages se ramassent tout seul, je dis merci. Ma volonté n’est pas ici de nuire à l’image des collégiens, ni de Challans, ni de me prétendre une championne de l’écologie. Au contraire, j’ai encore beaucoup à apprendre, pas toujours les moyens de mes ambitions, voir du mal à convaincre mes proches… hein chéri ! Mais, il y a parfois des scènes de la vie quotidienne, qui font réagir et sur lesquelles il est difficile de rester « silencieuse ». Car, le silence ne fait pas avancer les choses. C’est un accord tacite à laisser-faire les choses. En espérant (utopie ?) que ces paroles auront un impact et que l’année prochaine au Brevet, les collégiens ne passent plus à Challans leur brevet de pollueurs d’espaces verts.
Photo illustrant l’article Morguefile.com